Leasing de voiture en SASU : comment ça marche ?

Une voiture qui apparaît au nom de la société plutôt qu’au nom de sa présidente change la façon dont la dépense se traite : loyers, TVA, taxes annuelles, usage privé. Le leasing d’une voiture en SASU suit des règles fiscales qui ne ressemblent pas à celles d’un particulier, et la facture ne se lit pas comme un simple loyer mensuel. Tout dépend du type de contrat choisi, du modèle et de l’usage réel du véhicule.
En bref
- En SASU, c’est la société qui signe le contrat de location, de longue durée (LLD) ou avec option d’achat (LOA), et qui déduit les loyers de son résultat ; pour une voiture de tourisme louée plus de 3 mois, la part du loyer correspondant à un prix supérieur au plafond fiscal n’est pas déductible.
- Ce plafond est de 9 900 €, 18 300 €, 20 300 € ou 30 000 € selon le taux de CO2 du modèle, d’après le BOFiP.
- La TVA sur la location d’un véhicule de tourisme n’est pas déductible, alors que loyer et TVA le sont pour un véhicule utilitaire, selon Bpifrance Création (mai 2026).
- Si la présidente utilise aussi la voiture à titre privé, l’usage constitue un avantage en nature soumis à cotisations, évalué par l’Urssaf à 50 % du coût annuel de la location depuis le 1er février 2025.
Comment fonctionne le leasing d’une voiture en SASU ?
Le leasing en SASU est un contrat de location conclu par la société, dont la présidente est le représentant légal. Selon entreprendre.service-public.gouv.fr (page vérifiée le 6 février 2026), la SASU est une société commerciale dont l’associé unique n’est responsable qu’à hauteur de son apport, et dont la présidente la représente à l’égard des tiers.
Concrètement, le loueur facture les loyers à la société, qui les inscrit en charge. La voiture appartient au loueur pendant toute la durée du contrat. La société n’en devient propriétaire que si le contrat prévoit une option d’achat et qu’elle la lève, ce qui ne se produit qu’en fin de contrat.
Le choix du véhicule compte autant que celui du contrat. La fiscalité distingue le véhicule de tourisme, conçu pour transporter des personnes, et le véhicule utilitaire, dont le régime de TVA et de déduction est plus favorable. L’usage privé de la présidente a, lui, un traitement à part, décrit plus bas.
Quelle différence entre LLD, LOA et achat pour une SASU ?
La LLD ne permet pas de devenir propriétaire, la LOA le permet en fin de contrat, et l’achat rend la société propriétaire dès le départ. Pour une entreprise, Bpifrance Création (page publiée en mai 2026) écrit que la LLD donne un véhicule neuf professionnel sans investissement et que l’entreprise n’a pas vocation à en devenir propriétaire, la réglementation l’interdisant ; le crédit-bail ou LOA est juridiquement une location qui permet de devenir propriétaire au plus tard à la fin du contrat, après paiement d’une valeur résiduelle fixée à la signature.
| Formule | Propriété du véhicule | Traitement du coût | TVA sur un véhicule de tourisme |
|---|---|---|---|
| LLD | Le loueur, jusqu’à la restitution | Loyers déductibles, avec la limite liée au plafond de prix | Non déductible |
| LOA ou crédit-bail | Le loueur, puis la société si elle lève l’option | Loyers déductibles dans la même limite ; valeur résiduelle à payer pour acheter | Non déductible |
| Achat | La société | Amortissement déductible jusqu’au plafond fiscal | Non déductible, sauf exceptions |
Pour un particulier, service-public.fr (page vérifiée le 12 juin 2026) précise qu’une LOA dure en général de 2 à 7 ans et une LLD de 12 à 60 mois ; ces durées donnent un ordre de grandeur, mais le contrat de la société fixe les siennes. Les règles de crédit à la consommation citées sur cette page concernent les particuliers, non une société. Un autre exemple de crédit-bail, avec ses frais et ses conditions, est décrit dans l’article sur Lacamo Bail.
Les loyers d’une voiture en leasing sont-ils déductibles en SASU ?
Ils le sont, mais pour une voiture de tourisme louée plus de trois mois, la part du loyer qui correspond à l’amortissement du prix excédant le plafond fiscal est réintégrée. Le BOFiP (BOI-BIC-AMT-20-40-50) précise que la location de courte durée, de trois mois au plus et non renouvelable, échappe à cette règle.
Le plafond dépend du taux de CO2, relevé en principe sur la carte grise (rubrique V.7) pour le modèle neuf, et n’est pas ajusté pendant la vie du véhicule.
| Plafond du prix pris en compte | Émissions de CO2 (acquisition ou location depuis 2017) |
|---|---|
| 30 000 € | Moins de 20 g/km |
| 20 300 € | De 20 g à 59 g/km |
| 18 300 € | À partir de 60 g/km, jusqu’au seuil de la tranche suivante |
| 9 900 € | Au-delà de ce seuil |
Le seuil de la tranche à 9 900 € est abaissé chaque année : au-dessus de 150 g/km en 2018, 140 g/km en 2019, 135 g/km en 2020, puis 130 g/km à partir de 2021, d’après le BOFiP pour les véhicules mesurés selon l’ancienne méthode. Des seuils distincts existent pour les véhicules mesurés en WLTP : consultez la carte grise et la version à jour du BOFiP avant de chiffrer.
Un exemple tiré du BOFiP, ici pour un achat : une voiture de 25 000 € TTC dont le plafond est de 18 300 € donne 1 340 € d’amortissement non déductible par an. En location, le raisonnement est le même : le bailleur indique à la société, dans le contrat, la part de loyer non déductible, calculée sur la fraction du prix qui dépasse le plafond. Les entreprises dont l’activité repose sur le véhicule, comme le transport de personnes, l’auto-école ou la location de véhicules, ne sont pas soumises à la limite.
La TVA sur un leasing de voiture est-elle récupérable ?
Non pour un véhicule de tourisme, oui pour un véhicule utilitaire. Bpifrance Création indique que la TVA sur la location d’un véhicule de tourisme n’est pas déductible, tout comme celle de l’achat, de l’entretien et des réparations, sauf exceptions comme le transport de personnes ou l’auto-école.
Pour un utilitaire, le loyer est totalement déductible et sa TVA l’est aussi, de même que la TVA sur l’achat, l’entretien et le carburant. Le carburant d’un véhicule de tourisme fait exception : la TVA est déductible à 80 % pour l’essence, le gazole et l’E85, et à 100 % pour le GPL et le GNV. Un usage personnel partiel réduit proportionnellement cette déduction.
| Dépense | Véhicule de tourisme | Véhicule utilitaire |
|---|---|---|
| Loyer | Déductible dans la limite liée au plafond | Totalement déductible |
| TVA sur le loyer | Non déductible | Déductible |
| TVA sur le carburant essence, gazole, E85 | 80 % | 100 % |
| TVA sur l’entretien | Non déductible | Déductible |
Que change l’usage privé de la voiture par la présidente ?
L’usage privé est un avantage en nature, soumis aux cotisations lorsque la présidente est rémunérée. En SASU, la présidente rémunérée pour son mandat est assimilée salariée et affiliée au régime général, d’après entreprendre.service-public.gouv.fr, alors que les dividendes ne donnent lieu à aucune cotisation, et qu’une associée payée uniquement en dividendes ne cotise pas et n’a pas de protection sociale.
L’Urssaf indique que, depuis le 1er février 2025, l’avantage d’un véhicule loué peut être évalué au forfait à 50 % du coût annuel de la location, et celui d’un véhicule acheté à 15 % du coût d’achat pour un véhicule de cinq ans ou moins, 10 % au-delà. Des règles différentes s’appliquent au carburant et aux véhicules électriques. L’évaluation au forfait peut aussi être remplacée par les dépenses réelles.
La présidente qui s’interroge doit donc comparer le coût social de cet avantage avec une alternative, comme l’usage de sa voiture personnelle. Pour les montants de cotisations, seul l’Urssaf ou l’expert-comptable de la société peut chiffrer le cas précis. Pour une indépendante qui prépare aussi sa protection, l’assurance professionnelle de l’entreprise couvre un autre volet de la même réflexion.
Quelles taxes annuelles pour une voiture de tourisme louée par la société ?
Deux taxes annuelles frappent les véhicules de tourisme affectés à des fins économiques : la taxe sur les émissions de CO2 et la taxe sur les émissions de polluants atmosphériques. Elles remplacent depuis le 1er janvier 2022 l’ancienne taxe sur les véhicules de sociétés.
D’après economie.gouv.fr, elles sont dues par les entreprises qui détiennent des véhicules, les possèdent ou les prennent en location de longue durée. Elles visent les voitures particulières de huit places assises au plus (catégorie M1) et certaines camionnettes et pick-up (catégorie N1). La taxe se calcule d’après le nombre de jours d’utilisation et se paie l’année suivante.
| Taxe | Barème 2026 relevé par Bpifrance Création |
|---|---|
| CO2, véhicule WLTP | Tarif marginal de 0 € à 65 € par g/km selon les tranches, au prorata des jours d’utilisation professionnelle en France |
| Polluants atmosphériques | 0 € pour l’électrique et l’hydrogène, 130 € en catégorie Crit’Air 1, 650 € pour les catégories 2 à 5 |
Questions fréquentes
Peut-on garder la voiture à la fin du contrat ?
Uniquement avec une LOA ou un crédit-bail. Selon Bpifrance Création, la société devient propriétaire en payant la valeur résiduelle fixée à la signature, mais elle n’y est pas obligée : elle peut négocier la reprise du véhicule par le concessionnaire, ou lever l’option puis revendre.
Une location de quelques semaines est-elle soumise au plafond de déduction ?
Non. La limitation du BOFiP ne vise que les locations de plus de trois mois. Les locations d’au plus trois mois, non renouvelables, sont exclues de la règle de réintégration.
Où trouver le taux de CO2 qui fixe le plafond ?
Sur la carte grise, rubrique V.7. Le BOFiP précise que le taux retenu est celui du modèle neuf et qu’il n’est pas modifié pendant la vie du véhicule, sauf changement de la carte grise après transformation.
Une présidente qui ne se verse que des dividendes est-elle protégée ?
Non. D’après entreprendre.service-public.gouv.fr, une associée de SASU rémunérée uniquement en dividendes ne cotise pas et ne bénéficie donc d’aucune protection sociale. Le statut d’assimilée salariée suppose une rémunération pour le mandat.
Quelles activités échappent à la limite sur les loyers ?
Le transport de personnes, les auto-écoles et la location de véhicules, d’après le BOFiP.
Sources
Sources consultées le 28 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.
- Bofip-Impôts (DGFiP), « BIC - Amortissements - Régimes particuliers - Amortissements des véhicules de tourisme » (BOI-BIC-AMT-20-40-50), version du 18 décembre 2019. Adresse : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/4582-PGP.html/identifiant=BOI-BIC-AMT-20-40-50-20191218
- Bpifrance Création, « Véhicules d’entreprise : régime fiscal », publiée en mai 2026. Adresse : https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/fiscalite-lentreprise/fiscalite-divers/vehicules-dentreprise-regime-fiscal
- Entreprendre.service-public.gouv.fr (DILA), « Société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) : ce qu’il faut savoir », vérifiée le 6 février 2026. Adresse : https://entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F37383
- Service-public.fr (DILA), « Location de voiture : LOA ou LLD ? », vérifiée le 12 juin 2026. Adresse : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2437
- Urssaf, « Les avantages en nature », 2026. Adresse : https://www.urssaf.fr/accueil/employeur/cotisations/avantages-en-nature.html
- Economie.gouv.fr, « Entreprises : ce qu’il faut savoir sur les taxes sur l’affectation des véhicules à des fins économiques ». Adresse : https://www.economie.gouv.fr/entreprises/gerer-sa-fiscalite-et-ses-impots/limpot-sur-les-benefices-ir-et/entreprises-ce-quil-faut-savoir-sur-les-taxes-sur-laffectation-des


