ENDTOENDRGRP : que signifie ce libellé sur un relevé bancaire ?

Une ligne ENDTOENDRGRP au milieu d’un relevé, sans nom de commerçant ni d’organisme, suffit à inquiéter. Devant un libellé qui ne rappelle rien, on pense d’abord à une fraude ou à un prélèvement oublié. ENDTOENDRGRP relève pourtant du vocabulaire technique des paiements européens, celui des références qui accompagnent chaque virement et chaque prélèvement. Cette référence ne dit ni qui a émis l’opération ni si elle est légitime, et la vérification commence par le détail de l’opération elle-même.
En bref
- ENDTOENDRGRP reprend le nom du champ « EndToEndId », la référence de bout en bout d’un virement ou d’un prélèvement SEPA, suivi d’un suffixe « RGRP » que les documents lus ne définissent pas.
- Cette mention n’indique ni un créancier ni une fraude : le créancier d’un prélèvement se repère grâce à son identifiant créancier SEPA (ICS), qui figure sur le mandat.
- Un prélèvement autorisé se conteste dans les 8 semaines suivant le débit, un prélèvement non autorisé dans les 13 mois, d’après service-public.fr.
- Pour une indépendante, la référence sert surtout à rapprocher un paiement de la facture qu’il règle.
Que signifie ENDTOENDRGRP sur un relevé bancaire ?
ENDTOENDRGRP reprend le nom du champ « EndToEndId », la référence de bout en bout d’un virement ou d’un prélèvement SEPA, accompagné d’un suffixe « RGRP » que les documents de normalisation consultés ne définissent pas.
Le champ « EndToEndId » est un identifiant attribué par le donneur d’ordre, c’est-à-dire par la personne ou l’entreprise qui émet le paiement. Dans la norme ISO 20022, il est obligatoire, ne peut jamais être vide, compte 35 caractères au maximum et doit être transmis sans modification tout au long de la chaîne, jusqu’au bénéficiaire. Il sert au rapprochement : relier un paiement à la commande ou à la facture qu’il règle.
L’origine précise de la forme « RGRP » n’est documentée dans aucune source officielle ni bancaire lue. Elle peut venir d’un logiciel de paiement, d’un fichier d’émission ou de la façon dont une banque présente la zone de référence, mais rien ne permet de l’affirmer. Mieux vaut le dire clairement que d’inventer une explication : seule la banque qui tient le compte, ou l’émetteur du paiement, peut dire d’où vient ce suffixe dans votre cas.
Pourquoi cette mention peut-elle apparaître en majuscules ou tronquée ?
Parce que la référence de bout en bout est un champ court, limité à 35 caractères, et que la façon de l’afficher sur le relevé (majuscules, coupure) relève de la banque qui l’édite.
Une autre mention proche circule beaucoup sur les relevés : « NOTPROVIDED ». Lorsque l’émetteur d’un virement n’a saisi aucune référence, sa banque inscrit cette valeur dans le champ, selon une règle SEPA rappelée par le CFONB, le comité français de normalisation bancaire. La valeur est transmise jusqu’au bénéficiaire. La page consacrée à la mention « Not provided » sur un virement détaille ce cas.
| Mention | Ce qu’elle désigne |
|---|---|
| EndToEndId | La référence de bout en bout choisie par le donneur d’ordre, 35 caractères au plus, transmise sans modification |
| NOTPROVIDED | La valeur inscrite par la banque de l’émetteur quand aucune référence n’a été saisie |
| ENDTOENDRGRP | Une mention qui reprend le nom du champ, avec un suffixe « RGRP » non défini dans les documents lus |
| ICS | L’identifiant du créancier SEPA, attribué par la Banque de France, qui figure sur le mandat de prélèvement |
Cette mention indique-t-elle une fraude ou un créancier précis ?
Non : une référence de bout en bout est un champ technique présent dans chaque virement et chaque prélèvement SEPA, elle ne désigne pas un créancier et ne signale pas, en elle-même, une anomalie.
Le créancier d’un prélèvement s’identifie autrement. Tout créancier qui souhaite émettre des prélèvements SEPA doit disposer d’un ICS, que sa banque demande à la Banque de France, seule entité compétente pour l’attribuer. Cet identifiant doit figurer sur les mandats que les débiteurs signent. Si un prélèvement vous est inconnu, comparez l’ICS de l’opération avec celui de vos mandats : une correspondance vous met sur la piste du créancier, une absence de correspondance justifie de poser la question à votre banque.
Une référence illisible ne prouve donc rien dans un sens ni dans l’autre. Ce qui compte, c’est le triplet montant, date, sens (débit ou crédit), qu’il faut confronter à ce que vous avez réellement signé, commandé ou encaissé.
Comment identifier l’opération qui porte cette mention ?
Il faut relever le montant, la date et le sens de l’opération, puis les comparer à vos mandats de prélèvement, à vos factures et à vos encaissements.
- Notez le montant exact, la date de débit ou de crédit et le compte concerné.
- Ouvrez le détail de l’opération dans votre espace client, ou demandez-le à votre conseiller, pour obtenir le nom de l’émetteur et, pour un prélèvement, son ICS.
- Retrouvez les mandats, abonnements et contrats en cours à cette date. Un prélèvement peut porter sur un contrat souscrit des mois plus tôt.
- Pour un virement reçu, rapprochez le montant de vos factures ouvertes. La référence est celle que le payeur a choisie, ou NOTPROVIDED s’il n’en a saisi aucune.
- Si rien ne correspond, contactez votre banque avant l’expiration des délais ci-dessous.
Pour une micro-entrepreneuse ou une créatrice qui encaisse des paiements de clients, la référence de bout en bout est un outil de suivi : un client qui y indique le numéro de facture permet un rapprochement immédiat, alors qu’un champ vide oblige à rechercher le paiement par son montant.
Quels délais pour contester une opération que l’on ne reconnaît pas ?
Un prélèvement autorisé se conteste dans les 8 semaines suivant le débit, et un prélèvement non autorisé dans les 13 mois, d’après la fiche « Prélèvement bancaire » de service-public.fr vérifiée le 9 septembre 2026.
| Situation | Délai | Ce que la banque doit faire |
|---|---|---|
| Opposition avant le débit | Instructions reçues au plus tard à la fin du jour ouvrable précédant la date de débit | Bloquer le prélèvement à venir |
| Prélèvement autorisé que vous contestez | 8 semaines après la date du débit, demande écrite | Rembourser dans les 10 jours ouvrables suivant la réception de la demande |
| Prélèvement non autorisé | 13 mois après la date du débit | Rembourser au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant la demande |
| Virement non autorisé ou mal exécuté | 13 mois si la banque du bénéficiaire est dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen | Traiter la demande écrite ; service-public.fr propose un modèle de courrier |
Hors Union européenne et Espace économique européen, le délai est ramené à 70 jours et peut être prolongé par contrat jusqu’à 120 jours. Pour un prélèvement non autorisé, le Crédit Agricole précise que la banque rembourse sans attendre, sauf si elle soupçonne une fraude et le signale par écrit à la Banque de France. Conservez la preuve de votre demande : service-public.fr recommande de signaler l’opération par écrit.
Que faire si l’on ne reconnaît toujours pas le paiement ?
Il faut écrire à sa banque avec le montant, la date et la mention relevée, demander l’identité du créancier ou de l’émetteur, puis faire opposition aux prélèvements suivants s’il s’agit d’un prélèvement que vous n’avez jamais autorisé.
Le blocage d’un prélèvement ne dispense pas de vos obligations envers le créancier : si le prélèvement correspond à un abonnement réel, le litige avec l’entreprise subsiste et doit être réglé avec elle. Le Crédit Agricole recommande, pour une suspension définitive, une demande d’opposition écrite, de préférence en lettre recommandée, qui indique le créancier, son numéro d’émetteur, le montant et la date du prélèvement.
Questions fréquentes
Peut-on choisir la référence de bout en bout d’un virement que l’on émet ?
Oui, puisque le champ est attribué par le donneur d’ordre ; l’outil de paiement utilisé indique où saisir la référence. Si elle reste vide, la banque inscrit NOTPROVIDED, et le bénéficiaire ne peut plus rapprocher le paiement que par son montant.
Deux lignes identiques peuvent-elles apparaître sur le relevé ?
Le CFONB indique que des opérations peuvent apparaître en double lorsque leurs informations sont identiques, et qu’il revient alors à l’émetteur de vérifier que le nombre d’opérations correspond à celles qu’il a émises. Selon les principes SEPA, les références de bout en bout devraient pourtant être différentes, ce qui ne devrait pas permettre ce cas.
Un appel de la banque au sujet de ce libellé est-il fiable ?
Pas nécessairement. D’après Cybermalveillance.gouv.fr, un conseiller de la banque ne demande jamais votre mot de passe, les codes de confirmation reçus ni le code secret de votre carte, et ne vous demande pas de valider ou d’annuler des opérations dans votre application. Raccrochez et contactez votre banque par ses canaux habituels, jamais par le numéro donné par l’appelant.
Et si le délai de contestation est dépassé ?
Si le litige n’est pas réglé avec la banque, vous pouvez saisir le médiateur bancaire. En cas d’échec, un recours devant les juridictions civiles reste possible pendant 5 ans à compter de la date d’exécution de l’opération. Les délais de 8 semaines et de 13 mois ne s’appliquent pas non plus lorsque la banque ne vous a pas fourni les informations relatives à l’opération.
Comment connaître le nom du créancier à partir de l’ICS ?
L’ICS est attribué par la Banque de France à la demande de la banque du créancier, qui vérifie les informations de son client avant de la présenter. Le plus direct consiste donc à demander à votre banque l’identité du créancier associé à l’ICS relevé sur l’opération.
Sources
Sources consultées le 28 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.
- Service-Public.fr, « Prélèvement bancaire », vérifié le 9 septembre 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F20752
- Service-Public.fr, « Virement bancaire », vérifié le 1er septembre 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2384
- Banque de France, « Aide et FAQ », question sur l’identifiant créancier SEPA (ICS). https://www.banque-france.fr/fr/faq/recherche?page=30
- CFONB, « Mobilité bancaire, rappel de règles, flux 5 », 21 juin 2017. https://www.cfonb.org/fichiers/20170621144613_Mobilite_bancaire_2017_06_Rappel_de_regles_Flux5_V2.pdf
- Crédit Agricole, « S’opposer à un prélèvement automatique : démarches, contestation et suspension définitive ». https://www.credit-agricole.fr/particulier/conseils/magazine/tout-un-mag/comment-interrompre-un-prelevement-automatique.html
- Cybermalveillance.gouv.fr, « Que faire en cas de fraude au faux conseiller bancaire ? », mise à jour le 7 mai 2026. https://www.cybermalveillance.gouv.fr/tous-nos-contenus/fiches-reflexes/fraude-faux-conseiller-bancaire
- xmldation, « EndToEndId », règles générales ISO 20022. https://knowledge.xmldation.com/support/iso20022/general_rules/endtoendid


